FRANCE DOULEURS
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Régime pauvre en polyamines

Faut-il avoir un régime pauvre en polyamines dans la prise en charge de la douleur ?

 

Si la prise en charge de la douleur aiguë peut être considérée comme satisfaisante, celle des douleurs chroniques représente un véritable défi scientifique, médical et économique.

 

Aujourd’hui, la douleur chronique ne peut plus être considérée comme le simple reflet d’une douleur aiguë qui persisterait mais comme des douleurs dans lesquelles la sensation douloureuse est amplifiée par des processus de sensibilisation centrale.

 

Les Polyamines sont de petites molécules organiques possédant une ou plusieurs fonctions amine (NH2) dans leur constitution.

 

Elles sont issues du métabolisme des acides aminés et du cycle de l’urée.

 

Elles sont présentes dans toutes les cellules animales comme végétales.

 

Dans l’organisme, les polyamines sont apportées par la flore intestinale, par les cellules mortes de l’organisme mais aussi et surtout par l’alimentation courante, elles sont synthétisées sous l’effet de l’ornithine décarboxylase.

 

Le groupe de recherche en thérapie anticancéreuse (GRETAC) sous la direction du Professeur Jacques-Philippe Moulinoux (CHU de Rennes) a réalisé des études et développés un complément alimentaire pauvre en polyamines dans la prise en charge de la maladie cancéreuse, avec des résultats très encourageant, cependant il est important de comprendre que ce régime ou complément alimentaire n’est pas suffisant pour guérir un cancer, mais il constitue un traitement complémentaire efficace.

 

Les polyamines se fixent sur l’ADN des cellules cancéreuses et réamorcent indéfiniment les divisions cellulaires ce qui favorise la prolifération tumorale.

 

Le Professeur Guy Simmonet (CHU de Bordeaux) a démontré à l’issu de travaux expérimentaux, au-delà de possibles aspects génétiques, l’importance fondamentale de certains épisodes de l’histoire de l’individu (stress environnementaux, épisodes douloureux anciens « guéris », abus d’antalgiques, type de nutrition,…) capables à eux seuls d’induire un état de vulnérabilité à la douleur (concept de « sensibilisation latente à la douleur ») se traduisant par des douleurs exagérées ou par l’apparition de douleurs chroniques.

 

Ces observations permettent d’aborder l’individu dans le cadre de sa propre histoire.

 

Cette approche a permis un nouveau concept thérapeutique «la stratégie anti hyperalgésique» définie comme étant capable de s’opposer au processus de sensibilisation de la douleur (grâce à ces travaux, une utilisation courant en pré et post opératoire d’un antagoniste des récepteurs NMDA réduit la sensibilisation des douleurs postopératoires).

 

Plus original ces travaux ont permis de mettre en évidence que le niveau de sensibilité de la douleur dépend étroitement de la quantité de polyamines présente dans la nourriture.

 

Plus riche est cet apport quotidien, plus est élevé le niveau de sensibilité à la douleur.

 

Cette approche a permis au Pr Simonnet de développer des régimes permettant de prévenir et réduire les douleurs exagérées (post opératoire) que les douleurs chroniques invalidantes.

 

En essais cliniques, l’alimentation carencée en polyamines a montré un effet antalgique, tant préventif que curatif.

 

Les expériences montrent chez l’animal que la carence en polyamines permet de diminuer la perception de la douleur de 65%.

 

Les récepteurs NMDA sont impliqués dans cette perception douloureuse et dans les phénomènes de sensibilisation à la douleur responsables d’hyperalgie au long cours.

 

Cette alimentation inhiberait la mise en mémoire de la douleur et restaurait la sensibilité aux antalgiques.

 

La carence en polyamines alimentaires constituerait un paramètre déterminant pour obtenir cet effet.

 

De ces travaux découle qu’une alimentation carencée en polyamines donnerait les effets suivants :

  • empêche une douleur aiguë de passer à la chronicité.
  • empêche l’hypersensibilité à la douleur à long terme malgré une expérience douloureuse antérieure.
  • restaure l’efficacité antalgique des opioïdes.
  • diminue fortement l’hypersensibilité douloureuse induite avec le temps par les morphiniques.
  • réduit la douleur neurologique et inflammatoire.

 

Les polyamines se retrouvent dans tous les groupes alimentaires. Il est nécessaire d’avoir une liste précise des aliments pour les éliminer (il existe différentes tables).

 

Ce sont : les aubergines, les brocolis, les courgettes, les lentilles vertes, le cantal, le roquefort, la banane, l’orange, le reine claude, les rognons de veau, les moules, le crabe, le jus d’ananas, …

 

En conclusion :

 

Si chez le douloureux chronique, il peut y avoir un intérêt d’utiliser ces régimes carencés en polyamines pour diminuer notablement la perception de la douleur, ou rétablir une efficacité des antalgiques.

Il est à manier avec prudence et non nécessaire chez les personnes ne présentant pas de pathologies particulières.

 

Dr Vincent Schollhammer

(c) France Douleurs décembre 2014

Guide des Aliments
(c) France Douleurs décembre 2014
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