FRANCE DOULEURS
FRANCE DOULEURS

Position actuelle de la santé publique dans la prise en charge de la douleur

La prise en charge et le soulagement de la douleur sont un droit fondamental pour le patient. Ils sont au cœur des préoccupations de l’ensemble du monde médical et sont reconnus légalement.

Les balbutiements de la prise de conscience

Durant de longues décennies, la douleur n’était pas placée au centre des débats des professionnels de santé. Elle a commencé à être prise en compte à partir des années 1990, en particulier avec la loi Neuwirth indiquant que : « les établissements de santé doivent mettre en œuvre les moyens propres à prendre en charge la douleur des patients qu’ils accueillent ». Il faut attendre la loi du 4 mars 2002 qui légalise la prise en charge de la douleur comme un droit fondamental pour le patient. Selon l’application du code de la santé publique et en particulier l’article L1110-5 : « toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée ».

 

La lutte contre la douleur devient priorité nationale

  • Suite à cette loi du 4 mars 2002, la prise en charge de la douleur se place au cœur du fonctionnement des professionnels de santé quelle que soit leur spécialité. Soulager la douleur du patient est primordial afin de mieux respecter sa dignité tout au long de sa vie. Le gouvernement a élaboré 3 plans de lutte nationaux contre la douleur suite à la loi Neuwirth pour viser une amélioration de la prise en charge de la douleur mais aussi d’une plus grande qualité de soin.

 

  • Le premier plan d’action triennale de lutte contre la douleur dans les établissements de santé publics et privés s’étend de 1998 à 2000. Il visait à changer le regard des professionnels de santé sur le patient souffrant au travers de formations précisant les manières d’évaluer et de traiter la douleur. Il s’agissait aussi d’accompagner le patient et de l’informer pour qu’il puisse mieux appréhender sa propre douleur.

 

  • Le deuxième plan national quadriennal de lutte contre la douleur a été proposé de 2002 à 2005. Il a demandé une véritable implication des professionnels de santé mais aussi des établissements privés et publics pour lutter contre la douleur. Les actions se sont concentrées sur la prévention et le traitement de la douleur liée aux soins et la chirurgie mais aussi sur la douleur de l’enfant. Le patient devient un véritable associé du personnel soignant pour une meilleure compréhension et un traitement plus efficace de sa douleur.

 

  • Le troisième plan quinquennal pour l’amélioration de la prise en charge de la douleur s’est déroulé de 2006 à 2010. Il a été primordial dans le renforcement des droits du patient. Il a travaillé à une meilleure prise en charge de la douleur, en particulier des publics les plus vulnérables. Les professionnels de santé ont reçu des formations pointues sur la prise en charge de la douleur mais aussi sur l’utilisation des traitements médicamenteux et la reconnaissance des traitements non médicamenteux.

 

Des avancées fondamentales pour la reconnaissance et le traitement de la douleur

 

  • Le patient acteur de la prise en charge de sa douleur

Depuis les années 1990, le monde de la santé a fait de véritables progrès sur la prise en charge de la douleur et sur le traitement afin de la réduire. De nombreux protocoles sont venus accompagner les professionnels de santé afin de pouvoir répondre rapidement et efficacement à la douleur du patient. Ce dernier est mieux informé sur les risques de douleur liés aux soins quotidiens ou aux interventions chirurgicales. Il peut ainsi mieux gérer sa douleur et devient actif dans sa prise en charge. Prévenu de la limite de certains traitements, il est aussi plus apte à appréhender les angoisses qui peuvent survenir avec la douleur.

 

  • Un suivi médical plus pertinent

L’évaluation et le traitement de la douleur est une action pluridisciplinaire. L’article R4311-2 du code de la santé publique évoque que « dans le cadre de son rôle propre, l'infirmier ou l'infirmière accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et à assurer le confort et la sécurité de la personne et de son environnement et comprenant son information et celle de son entourage ». Chaque acteur de l’environnement médical devient un maillon incontournable de la prise en charge de la douleur. Le médecin n’a pas obligation de guérison mais il doit mettre en œuvre tous les moyens possibles pour réduire la douleur.

 

Malgré la prise en considération de la douleur chez le patient depuis ces dernières décennies, il reste quelques lacunes qui ralentissent l’apaisement de cette douleur. En particulier, les professionnels de santé doivent prendre en compte des considérations économiques et politiques influant sur les solutions proposées au patient afin de le soulager de sa douleur. La prise en charge de la douleur est une préoccupation quotidienne des équipes soignantes mais doit continuer à évoluer pour répondre au mieux à la souffrance des patients.

Vincent Schollhammer

(c) France Douleurs Juillet 2016

 

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