FRANCE DOULEURS
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Neurotransmission et musique : quand la douleur se transforme...

Ecouter de la musique qu'on apprécie évoque des réactions physiologiques.

 

La musique agit sur le corps par le cerveau : elle modifie et augmente les connections synaptiques, créé une plasticité cérébrale et augmente la communication entre différentes aires du cerveau.

 

La musique affecte directement les substances chimiques appelées neurotransmetteurs qui relient une information à notre cerveau, un peu comme un médicament, sauf que ce dernier persuade le cerveau de cesser de produire ses propres produits chimiques.

 

La musique est détectée par les oreilles, traverse la peau, la liquidité sanguine, la masse musculaire, les viscères et leurs fascias, se diffuse comme un massage jusqu'à l'intérieur de l'os.

 

Puis elle réduit le niveau de cortisol, cette substance chimique du cerveau libérant du sucre par le foie qui augmentant le rythme cardiaque ; le stress que produit la douleur, comme un papillon dans une toile, s'y trouve alors piégé.

 

 A l'heure actuelle, quand on parle d'action sur la douleur, il convient de penser aux interférences de transmission entre les différents systèmes : opioïdes, adrénergiques, dopaminergiques et sérotoninergiques. La musique irradie tous ces systèmes.

 

Elle a un effet sur le rétrocontrôle des hormones de stress surrénaliennes et sur l’axe hypothalamo-hypophysaire.

 

Elle a même une action immunomodulatrice (réduction du taux sérique d’IL 6).

 

Une étude publiée dans le numéro de juin 2006 du ‘Journal of Advanced Nursing ‘ sur 60 personnes recrutées dans les cliniques de la douleur et en chiropratique dans l’Ohio, a trouvé qu'écouter de la musique tous les jours réduit la douleur chronique, fait que les gens se sentent moins dans le contrôle de leurs douleurs, réduit la dépression et fait que les gens se sentent moins handicapés par leur condition.

 

Quand à l'hypocampe (entonnoir du cerveau qui permet de mémoriser les souvenirs) , au travers de la pratique musicale, s'en retrouve plus gros (idéal pour lutter contre les prémices de la maladie d’Alzheimer ).

 

Les études canadiennes en Musicothérapie, à Montréal, auprès de l'équipe de Robert Zatorre et d'Isabelle Peretz (spécialistes mondiaux des études sur la musique congénitale, qui a mis une batterie de test pour comprendre des effets de la musique, utilisant l'électroancéphalographie et l'électromyogramme) ont mis en parallèle le traitement par anti-dépresseurs de certains patients douloureux qui s'en trouvent nettement soulagés, avec ces mêmes patients aidés en Musicothérapie.

 

Le résultat a été surprenant et très inattendu : le fait de faire, et écouter 20 minutes par jour de la musique a donné le même résultat !

 

On savait que des facteurs psychologiques jouaient un rôle important dans le déclenchement, l'intensité, et l'aggravation de la douleur, mais sans tester de quelle manière le cerveau le pouvait.

 

La synapse est vraiment au cœur des mécanismes physiologiques qui peuvent atténuer ou supprimer le message nociceptif, ou, au contraire, l’amplifier.

 

Nous ne sommes qu'en 2015, à l'aube de découvertes scientifiques sur l'impact de la musique sur ce message.

 

On comprend mieux maintenant pourquoi, dans les sociétés traditionnelles où le corps doit passer par des 'épreuves' d'endurance sur la douleur, la musique y est TOUJOURS présente.

 

Ecouter une musique estimée agréable pendant les moments douloureux modifie et le volume et la production de l'amygdale (reliée au sentiment d'agressivité et de peur).

 

La dopamine (hormone responsable de notre bonne humeur), est produite lorsque nous faisons une activité que nous aimons comme manger, faire l'amour ou rire.

 

Ce qui est surprenant, c'est qu'elle est aussi relâchée lorsque nous écoutons nos morceaux de musique favoris ! C'est cette hormone qui nous transmet ces fameux frissons que nous aimons tant...

 

Elizabeth Osadtchy

Hypno - Musicothérapeute

(c) France Douleurs Mai 2015

 

1-  Siedlecki, Sandra L. et bien, Marion. Effets de la musique sur la puissance, de douleur, de dépression ou d'invalidité. Journal of Advanced Nursing Vol. 54,5. Juin 2006 : 553-562.

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